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Mandataire social dans le spectacle : définition, statut et rémunération

Dans une association culturelle ou une société du secteur du spectacle, la paie ne concerne pas uniquement les artistes, les techniciens intermittents et les salariés permanents. Le président, le directeur général ou le gérant de la structure peut également percevoir une rémunération au titre de ses fonctions de direction.

Cette rémunération relève alors du statut de mandataire social. Elle doit être distinguée du salaire versé dans le cadre d’un contrat de travail classique, même lorsque le dirigeant dépend du régime général de la Sécurité sociale et reçoit une fiche de paie.

La gestion de la paie d’un mandataire social dans le spectacle demande donc une attention particulière. La forme juridique de la structure, la fonction du dirigeant et la nature de sa rémunération déterminent les cotisations à appliquer. Elles ont également des conséquences sur l’assurance chômage, la retraite, les déclarations sociales et le contenu du bulletin.

Pour les structures culturelles, l’enjeu consiste à établir une paie conforme tout en centralisant la gestion des artistes, des techniciens, des salariés permanents et des dirigeants rémunérés.

À retenir

Le mandataire social est la personne chargée de représenter ou de diriger une association ou une société.

Dans le secteur du spectacle, il peut notamment s’agir du président d’une association culturelle, du président d’une SAS ou d’une SASU de production, d’un directeur général ou du gérant d’une société.

Le mandataire social peut recevoir une rémunération et, dans certaines situations, une fiche de paie. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il possède un contrat de travail.

Avant d’établir sa paie, il faut vérifier la forme juridique de la structure, la nature du mandat, le régime social du dirigeant, la décision autorisant sa rémunération et les cotisations applicables.

Le mandataire social assimilé salarié relève du régime général de la Sécurité sociale, mais il ne cotise généralement pas à l’assurance chômage au titre de son seul mandat. (Service Public Entreprendre)

Tableau récapitulatif de la paie des principaux mandataires sociaux

Mandataire social

Structure concernée

Régime social habituel

Fiche de paie

Assurance chômage au titre du mandat

Président de SAS ou SASU

Société de production, audiovisuelle, événementielle ou du spectacle vivant

Assimilé salarié

Oui, en cas de rémunération

Non

Directeur général de SAS

Société du spectacle ou de l’audiovisuel

Généralement assimilé salarié s’il est rémunéré

Oui

Non

Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL

Société de production ou d’exploitation

Assimilé salarié

Oui

Non

Gérant majoritaire de SARL

Société du spectacle ou de la production

Travailleur indépendant

Pas de bulletin salarié classique au titre du mandat

Non

Président d’association rémunéré

Association culturelle ou artistique

Régime général selon les conditions applicables

Généralement oui

Non au titre du seul mandat

Mandataire disposant d’un contrat de travail distinct

Association ou société

Régime du mandat et régime salarié pour l’emploi distinct

Oui, avec une distinction claire

Possible au titre du contrat de travail uniquement

Ce tableau présente les situations les plus courantes. Le régime exact dépend de la forme juridique, de la fonction exercée, des statuts et des pouvoirs réels du dirigeant.

Qu’est-ce qu’un mandataire social dans le spectacle ?

Un mandataire social est une personne physique chargée de représenter une personne morale. Il agit au nom d’une association ou d’une société dans le cadre des pouvoirs qui lui sont attribués.

Dans le secteur culturel, il peut représenter une compagnie, une association organisatrice de festivals, une salle de spectacle, une société de production audiovisuelle, une société de production cinématographique ou une entreprise de prestation technique.

Ses fonctions peuvent comprendre la signature des contrats, l’engagement des dépenses, la représentation de la structure auprès des administrations, le recrutement des équipes ou la supervision générale de l’activité.

Le mandat social découle généralement des statuts ou d’une décision prise par les associés, l’assemblée générale ou le conseil d’administration. Il ne correspond pas automatiquement à un contrat de travail.

Cette distinction est essentielle lors de la préparation de la paie. Un dirigeant peut recevoir une rémunération mensuelle et un bulletin tout en restant juridiquement mandataire social, et non salarié au sens du Code du travail.

Pourquoi établir une fiche de paie pour un mandataire social ?

Lorsqu’un mandataire social assimilé salarié perçoit une rémunération, celle-ci doit être soumise aux cotisations sociales applicables. L’établissement d’une fiche de paie permet de présenter le montant brut, les différentes retenues, les contributions patronales, le prélèvement à la source et le montant net versé.

La fiche de paie du mandataire social sert également à préparer les déclarations sociales de la structure. Elle permet d’intégrer correctement la rémunération dans la déclaration sociale nominative et de calculer les montants à verser aux organismes sociaux.

Le bulletin du dirigeant ne doit toutefois pas être paramétré exactement comme celui d’un salarié permanent ou d’un intermittent du spectacle. Certaines lignes de cotisations peuvent être absentes ou calculées différemment.

C’est notamment le cas de l’assurance chômage. Le président rémunéré d’une SAS ou d’une SASU est assimilé salarié et relève du régime général, mais il ne cotise pas à l’assurance chômage au titre de son mandat. (Mon Entreprise)

Mandataire social et assimilé salarié : quelle différence ?

Le terme « assimilé salarié » peut prêter à confusion.

Il indique que le mandataire relève du régime général de la Sécurité sociale pour sa protection sociale. Il peut ainsi bénéficier d’une couverture pour la maladie, la maternité, l’invalidité ou la retraite selon les règles correspondant à son régime.

Cette assimilation ne signifie pas que le dirigeant est titulaire d’un contrat de travail. Elle ne lui donne pas automatiquement accès à l’ensemble des dispositions du Code du travail.

Le président d’une SAS est l’exemple le plus fréquent. Lorsqu’il est rémunéré, il est assimilé salarié sur le plan social. Sa société établit une paie et déclare ses cotisations, mais le dirigeant n’est pas couvert par l’assurance chômage au titre de sa présidence. (Service Public Entreprendre)

La même logique peut concerner le directeur général d’une SAS ou le gérant minoritaire ou égalitaire d’une SARL.

Quelle différence entre la rémunération du mandat et un salaire ?

La rémunération du mandat correspond aux fonctions de direction et de représentation exercées par le mandataire social.

Elle peut notamment rémunérer la supervision de la structure, la prise de décisions, la représentation auprès des partenaires, la signature des contrats et le pilotage de l’activité.

Le salaire, en revanche, est versé en contrepartie d’un travail réalisé dans le cadre d’un contrat de travail. Il suppose notamment l’existence d’un lien de subordination.

Cette différence a des conséquences importantes. La rémunération du mandat n’est pas automatiquement soumise aux règles relatives au SMIC, aux heures supplémentaires, aux congés payés ou au licenciement.

Lorsque le dirigeant exerce également une activité salariée distincte, la structure doit identifier séparément la rémunération correspondant au mandat et celle correspondant au contrat de travail.

Président d’association : peut-il recevoir une rémunération ?

Le président d’une association culturelle peut exercer ses fonctions bénévolement ou recevoir une rémunération lorsque les statuts et les règles de fonctionnement de l’association le permettent.

La décision doit être prise par l’organe compétent. Selon les statuts, il peut s’agir de l’assemblée générale, du conseil d’administration ou du bureau.

La rémunération ne doit pas être décidée unilatéralement par le président lui-même. Elle doit être formalisée dans un procès-verbal précisant le montant, la date de prise d’effet et les conditions de versement.

Une association peut rémunérer un dirigeant sans perdre automatiquement son caractère non lucratif, mais elle doit respecter les conditions liées à la gestion désintéressée. L’administration examine notamment le montant de la rémunération, les avantages accordés au dirigeant et l’utilisation des ressources de l’association. (Service Public)

Ce point est particulièrement important pour les associations culturelles qui reçoivent des subventions, sollicitent du mécénat ou délivrent des reçus fiscaux.

Président de SAS ou de SASU : comment établir sa paie ?

Le président d’une SAS ou d’une SASU peut exercer son mandat gratuitement ou percevoir une rémunération.

La rémunération est fixée selon les modalités prévues par les statuts, l’acte de nomination ou une décision des associés. Dans une SASU, elle peut être décidée par l’associé unique.

Lorsque le président est rémunéré, une fiche de paie doit être établie. La paie comprend une grande partie des cotisations du régime général, à l’exception notamment de l’assurance chômage. Les cotisations sociales du président sont proches de celles d’un salarié cadre, sans être totalement identiques. (Service Public Entreprendre)

Le bulletin ne doit pas faire apparaître artificiellement des droits réservés aux titulaires d’un contrat de travail. Le président ne bénéficie pas automatiquement des heures supplémentaires, des congés payés ou des règles conventionnelles applicables aux salariés de la structure.

Gérant de SARL : quel régime appliquer ?

La paie du gérant d’une SARL dépend principalement de sa participation au capital.

Le gérant minoritaire ou égalitaire est généralement assimilé salarié lorsqu’il perçoit une rémunération. Une fiche de paie peut donc être établie selon le régime général, sans cotisation d’assurance chômage au titre du mandat.

Le gérant majoritaire relève en principe du régime des travailleurs indépendants. Sa rémunération ne donne alors pas lieu à une fiche de paie classique comparable à celle d’un président de SAS.

Pour identifier le régime applicable, il faut tenir compte des parts détenues personnellement par le gérant, mais aussi, selon les situations, de celles détenues par certains membres de sa famille ou par les autres membres d’un collège de gérance.

Avant la première rémunération, il est donc indispensable de vérifier précisément la répartition du capital.

Quelles cotisations figurent sur la fiche de paie d’un mandataire social ?

La fiche de paie d’un mandataire assimilé salarié peut notamment comporter les cotisations relatives à la maladie, à la retraite de base, à la retraite complémentaire, aux allocations familiales, à la CSG et à la CRDS.

Le calcul repose sur la rémunération brute et sur les différents plafonds ou assiettes applicables.

Certaines contributions dues par l’employeur peuvent également intégrer la rémunération du mandataire. L’Urssaf précise notamment que la rémunération des mandataires sociaux entre dans la base de calcul de la contribution à la formation professionnelle. (Urssaf)

Le contenu exact du bulletin dépend cependant de nombreux éléments : fonction exercée, forme juridique, effectif de la structure, montant de la rémunération, avantages en nature et situation du dirigeant.

Il n’est donc pas recommandé de dupliquer simplement la fiche de paie d’un salarié permanent pour établir celle du mandataire social.

Le mandataire social cotise-t-il à l’assurance chômage ?

En principe, non.

Les titulaires d’un mandat social ne sont pas couverts par l’assurance chômage pour leurs seules fonctions de direction. Cette règle s’applique même lorsque le dirigeant est assimilé salarié et reçoit chaque mois une fiche de paie. (Unédic)

L’absence de cotisation chômage constitue l’un des principaux points de différence entre la paie du mandataire social et celle d’un salarié classique.

La fin du mandat, la révocation du président ou la cessation de sa rémunération n’ouvre donc pas automatiquement de droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi. Le dirigeant ne cotise pas à l’ARE au titre de son mandat. (Service Public Entreprendre)

Une assurance privée peut éventuellement être souscrite pour couvrir la perte involontaire du mandat, mais elle est distincte du régime public d’assurance chômage.

Un mandataire social peut-il avoir droit au chômage ?

Un mandataire social peut être couvert par l’assurance chômage lorsqu’il cumule son mandat avec un véritable contrat de travail.

Ce contrat doit correspondre à des fonctions techniques distinctes de celles exercées au titre de la direction. Il doit également être possible de démontrer l’existence d’un lien de subordination.

Dans une structure du spectacle, les fonctions salariées pourraient par exemple concerner un poste de régisseur, de technicien, d’administrateur de production, de chargé de communication ou une activité artistique.

La simple rédaction d’un contrat ou l’établissement d’une fiche de paie ne suffit pas. Les conditions réelles d’exercice sont déterminantes.

L’Unédic précise que l’affiliation peut être admise lorsque le mandat social est cumulé avec un contrat de travail répondant aux conditions du salariat. (Unédic)

Mandataire social salarié : quelles conditions respecter ?

Pour qu’un mandataire social soit également reconnu comme salarié, les fonctions exercées dans le cadre du contrat de travail doivent être clairement séparées de ses fonctions de direction.

Il doit recevoir une rémunération distincte et travailler sous l’autorité effective d’une autre personne ou d’un organe de la structure.

Le lien de subordination suppose que cette autorité puisse donner des instructions, contrôler le travail et sanctionner les manquements.

La situation est plus difficile à démontrer lorsque le dirigeant possède des pouvoirs très étendus, décide seul de son emploi du temps, fixe sa propre rémunération ou contrôle entièrement la société.

L’Urssaf rappelle qu’un mandataire social ne peut bénéficier de la législation du travail que s’il cumule son mandat avec un véritable contrat de travail et si un lien de subordination existe. (Urssaf)

Mandataire social et intermittence du spectacle

Un mandataire social peut également exercer une activité artistique ou technique. Il peut, par exemple, être président d’une compagnie tout en intervenant comme comédien, musicien, metteur en scène ou régisseur.

Cette situation doit toutefois être examinée avec prudence.

Les fonctions artistiques ou techniques doivent être réelles et distinctes du mandat. Elles doivent aussi être exercées dans des conditions permettant de reconnaître un contrat de travail.

Il faut notamment identifier la personne qui décide de l’engagement, fixe la rémunération, donne les consignes et contrôle la prestation.

Lorsque le mandataire décide seul de son contrat, de son cachet et de ses conditions de travail, le lien de subordination peut être contesté. Les cachets ou les heures déclarés pourraient alors ne pas être pris en compte pour l’assurance chômage.

La gestion de la paie ne peut donc pas, à elle seule, sécuriser une situation qui ne correspond pas à une véritable relation salariée.

Président d’association et chômage : quel impact sur l’ARE ?

Une personne indemnisée par France Travail peut devenir présidente d’une association. La situation doit néanmoins être déclarée.

L’incidence sur les allocations dépend du caractère bénévole ou rémunéré du mandat, du montant des revenus, de l’activité réellement exercée et de la disponibilité de la personne pour rechercher un emploi.

Un mandat bénévole n’entraîne pas nécessairement la suppression de l’ARE. Le demandeur d’emploi doit toutefois rester disponible et poursuivre sa recherche d’emploi.

Lorsque le mandat est rémunéré, la rémunération doit être déclarée. Elle peut modifier le montant mensuel de l’allocation selon les règles de cumul applicables. L’Unédic prévoit en effet la possibilité de cumuler une partie de l’allocation avec certains revenus d’activité, sous réserve des conditions en vigueur. (Unédic)

Comment fixer la rémunération d’un mandataire social ?

La rémunération peut être mensuelle, annuelle, fixe ou variable. Elle peut également comprendre des avantages en nature.

Dans une société, son montant est fixé selon les règles prévues par les statuts ou par une décision des associés.

Dans une association, la décision doit être prise par l’organe compétent et respecter les règles relatives à la gestion désintéressée.

La rémunération doit être formalisée avant son versement. Une décision écrite permet de justifier son principe, son montant et sa date d’entrée en vigueur.

Il est également important de distinguer les remboursements de frais de la rémunération. Un remboursement correspondant à une dépense professionnelle réelle et justifiée ne constitue pas un salaire. En revanche, une somme forfaitaire versée sans justificatif peut être soumise à cotisations.

La rémunération du mandataire social doit-elle respecter le SMIC ?

La rémunération versée au titre du seul mandat social n’est pas un salaire relevant automatiquement du droit du travail.

Elle n’est donc pas nécessairement soumise au SMIC, aux minima conventionnels du spectacle ou aux règles relatives au temps de travail.

La situation est différente lorsque le mandataire dispose parallèlement d’un contrat de travail. La rémunération versée au titre de cet emploi doit alors respecter le SMIC et la convention collective applicable à la structure.

Par exemple, un président d’association également salarié comme chargé de production doit recevoir, pour cette activité salariée, une rémunération conforme à la classification et au minimum conventionnel correspondant.

La paie doit permettre de distinguer sans ambiguïté les deux fonctions.

Le mandataire social bénéficie-t-il des congés payés ?

La rémunération du mandat social n’ouvre pas automatiquement droit aux congés payés.

Les congés payés sont liés à l’existence d’un contrat de travail. Ils ne doivent donc pas être ajoutés au bulletin du dirigeant uniquement parce qu’il est assimilé salarié.

Il en va de même pour les heures supplémentaires, les majorations conventionnelles et certaines primes réservées aux salariés.

L’Urssaf indique notamment que le dirigeant assimilé salarié ne bénéficie pas automatiquement des dispositifs encadrés par le Code du travail, comme les heures supplémentaires. (Mon Entreprise)

En cas de cumul avec un contrat de travail, ces droits peuvent en revanche s’appliquer à la partie salariée de l’activité.

Quelles informations sont nécessaires pour établir la paie ?

Avant de préparer la première fiche de paie du mandataire social, il faut réunir les informations juridiques et sociales nécessaires.

La structure doit notamment pouvoir identifier sa forme juridique, la fonction exacte du mandataire, la date de sa nomination, le montant de sa rémunération et son régime social.

La décision fixant la rémunération doit également être disponible. Selon la structure, il peut s’agir d’un procès-verbal d’assemblée générale, d’une décision de l’associé unique, d’une décision du conseil d’administration ou d’un acte prévu par les statuts.

Les informations personnelles du dirigeant sont ensuite nécessaires pour établir le bulletin et la DSN : identité, numéro de Sécurité sociale, adresse, situation fiscale et coordonnées bancaires lorsque le virement est géré par la structure.

En cas de cumul avec un contrat de travail, il faut également transmettre le contrat, la fiche de poste, la durée de travail et la convention collective applicable.

Exemple pratique : paie d’un président de SAS dans le spectacle

Une société de production de spectacles est constituée sous la forme d’une SAS. Son président perçoit une rémunération mensuelle au titre de son mandat.

La société doit d’abord vérifier que cette rémunération a été régulièrement décidée. Elle établit ensuite une fiche de paie correspondant au régime des assimilés salariés.

Le bulletin comprend les cotisations du régime général applicables au président, mais pas la cotisation d’assurance chômage.

Le dirigeant ne doit pas être déclaré comme intermittent uniquement parce que la société exerce une activité dans le spectacle. Sa rémunération de président reste une rémunération de mandat social.

Si le président intervient également comme artiste ou technicien sur une production, cette activité doit faire l’objet d’une analyse distincte avant l’établissement d’un éventuel contrat de travail.

Exemple pratique : paie d’un président d’association culturelle

Une association organisatrice de concerts souhaite rémunérer son président pour le temps consacré à la direction et au développement de la structure.

Avant d’établir la paie, l’association doit vérifier que ses statuts permettent cette rémunération et identifier l’organe compétent pour la décider.

La décision est consignée dans un procès-verbal. Elle précise le montant de la rémunération, sa périodicité et sa date de prise d’effet.

Une fiche de paie peut ensuite être préparée selon le régime social applicable au dirigeant rémunéré.

L’association doit également mesurer les conséquences éventuelles de cette rémunération sur sa gestion désintéressée, en particulier lorsqu’elle bénéficie de subventions ou du régime fiscal des organismes sans but lucratif. (Service Public)

Les erreurs fréquentes avec la fiche de paie d’un mandataire social

L’erreur la plus fréquente consiste à reproduire la fiche de paie d’un salarié permanent sans tenir compte du statut du dirigeant.

Cette méthode peut conduire à appliquer à tort des cotisations d’assurance chômage, des congés payés, des heures supplémentaires ou certaines réductions de cotisations.

Une autre erreur consiste à considérer que le bulletin transforme automatiquement le mandataire en salarié. La fiche de paie est un document de calcul et de déclaration. Elle ne remplace pas un contrat de travail et ne crée pas de lien de subordination.

Les structures doivent également éviter de confondre la rémunération du mandat avec celle d’une activité artistique ou technique. Lorsque le dirigeant exerce plusieurs fonctions, chaque situation doit être identifiée et documentée.

Enfin, une rémunération ne doit pas être versée sans décision régulière. L’absence de procès-verbal ou de justificatif peut créer des difficultés en cas de contrôle ou de changement de dirigeant.

Checklist : préparer la paie d’un mandataire social

Avant la première paie, il est recommandé de vérifier :

  • la forme juridique de la structure ;
  • la fonction exacte du mandataire ;
  • les pouvoirs prévus par les statuts ;
  • la date et la validité de la nomination ;
  • la décision autorisant la rémunération ;
  • le montant brut à verser ;
  • le régime social applicable ;
  • les cotisations à exclure ou à intégrer ;
  • l’existence éventuelle d’un contrat de travail distinct ;
  • la situation du dirigeant au regard de l’assurance chômage ;
  • les informations nécessaires à la DSN ;
  • les éventuels avantages en nature ;
  • les remboursements de frais ;
  • la cohérence entre le bulletin, la comptabilité et les déclarations.

Cette vérification permet d’éviter qu’une paie de mandataire social soit traitée comme une paie classique alors que son régime comporte des particularités.

FAQ : mandataire social dans le spectacle

Qu’est-ce qu’un mandataire social dans le spectacle ?

Un mandataire social est une personne chargée de diriger ou de représenter une association ou une société du secteur du spectacle. Il peut s’agir d’un président de SAS, d’un directeur général, d’un gérant ou du président d’une association culturelle.

Un mandataire social peut-il recevoir une fiche de paie ?

Oui. Lorsqu’un mandataire assimilé salarié perçoit une rémunération, une fiche de paie est généralement établie afin de calculer ses cotisations sociales et de préparer les déclarations.

Une fiche de paie de mandataire social signifie-t-elle qu’il est salarié ?

Non. Le bulletin ne suffit pas à créer un contrat de travail. Le dirigeant peut être assimilé salarié sur le plan social tout en restant mandataire social sur le plan juridique.

Le président d’une SAS est-il salarié ?

Le président rémunéré d’une SAS est assimilé salarié pour sa protection sociale. Il n’est pas automatiquement titulaire d’un contrat de travail.

Le président d’une association peut-il être rémunéré ?

Oui, sous conditions. La rémunération doit être autorisée par les statuts ou décidée par l’organe compétent. Elle doit également respecter les règles fiscales liées à la gestion désintéressée.

Le mandataire social cotise-t-il au chômage ?

En principe, non. Les cotisations chômage ne sont pas dues au titre du seul mandat social.

La fin du mandat ouvre-t-elle droit au chômage ?

Non, en principe. La perte du mandat n’est pas assimilée à la perte d’un emploi salarié.

Un mandataire social peut-il être salarié de la même structure ?

Oui, à condition d’exercer des fonctions techniques distinctes, de recevoir une rémunération séparée et de travailler sous un lien de subordination réel.

Un mandataire social peut-il être intermittent du spectacle ?

Le cumul peut être possible lorsque l’activité artistique ou technique est réelle, distincte du mandat et exercée dans le cadre d’un véritable contrat de travail.

La rémunération du mandat doit-elle respecter le SMIC ?

Pas nécessairement. Le SMIC concerne les salariés. Il doit en revanche être respecté pour un contrat de travail distinct.

Le mandataire social bénéficie-t-il des congés payés ?

Pas au titre de son seul mandat. Les congés payés sont liés à l’existence d’un contrat de travail.

Quelle convention collective appliquer au mandataire social ?

La convention collective de la structure ne s’applique pas automatiquement à la rémunération du mandat. Elle s’applique en revanche à un éventuel contrat de travail distinct.

Faut-il effectuer une DPAE pour un mandataire social ?

Le mandat social ne constitue pas en lui-même une embauche salariée. La DPAE concerne un contrat de travail. En cas de cumul entre le mandat et un emploi salarié, la partie salariée doit être traitée selon les formalités correspondantes.

La rémunération du mandataire doit-elle être déclarée en DSN ?

Lorsqu’elle donne lieu à une paie relevant du régime général, la rémunération et les cotisations correspondantes doivent être intégrées aux déclarations sociales de la structure.

Peut-on verser une rémunération irrégulière au mandataire social ?

Oui, si la décision de rémunération le permet. Le bulletin peut être établi uniquement pour les mois au cours desquels une rémunération est versée.

Un mandataire non rémunéré doit-il recevoir une fiche de paie ?

Non. En l’absence de rémunération, il n’y a généralement pas de bulletin de paie à établir au titre du mandat.

Ce qu’il faut retenir

La paie d’un mandataire social dans le spectacle répond à des règles différentes de celles applicables aux artistes, aux techniciens intermittents et aux salariés permanents.

Le dirigeant peut être assimilé salarié et recevoir une fiche de paie sans être titulaire d’un contrat de travail.

Le principal point de vigilance concerne l’assurance chômage, qui n’est généralement pas applicable à la rémunération du mandat social.

La structure doit également vérifier que la rémunération a été régulièrement décidée et que le régime social correspond à la forme juridique et à la fonction du dirigeant.

Lorsqu’un mandat est cumulé avec une activité artistique, technique ou administrative salariée, les deux fonctions doivent être clairement distinguées.

Une gestion sécurisée repose sur une décision de rémunération formalisée, un bulletin correctement paramétré et des déclarations sociales cohérentes.

Mention de prudence

Cet article a une vocation informative.

Le régime social d’un mandataire dépend de la forme juridique de la structure, des pouvoirs exercés, de sa participation au capital et de l’existence éventuelle d’un contrat de travail distinct.

La réglementation et les taux de cotisations pouvant évoluer, il est recommandé de vérifier la situation du dirigeant et les règles applicables avant l’établissement de la première paie.

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