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URSSAF et intermittent du spectacle : déclarations, cotisations et obligations

Employer un intermittent du spectacle implique des règles spécifiques en matière de déclarations sociales et de cotisations URSSAF.
Entre la DPAE, la DSN et les contributions propres au secteur culturel, les obligations peuvent rapidement devenir complexes.
Dans cet article, on vous explique simplement comment déclarer vos intermittents à l’URSSAF, quelles cotisations payer et comment éviter les erreurs qui peuvent impacter les droits de vos salariés.

URSSAF et intermittent du spectacle : de quoi parle-t-on ?

L’URSSAF (Union de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale) est l’organisme chargé de collecter les cotisations sociales qui financent la protection sociale : maladie, retraite, accidents du travail ou encore allocations familiales.
Dans le secteur culturel, son rôle est central. Mais contrairement à certaines idées reçues, les intermittents du spectacle ne sont pas affiliés directement à l’URSSAF.
Ils sont salariés en CDD d’usage (CDDU).
Résultat : 👉 c’est l’employeur qui est responsable de toutes les déclarations et du paiement des cotisations.

Quelles déclarations URSSAF pour les intermittents du spectacle ?

Employer un intermittent du spectacle repose sur deux déclarations principales : la DPAE et la DSN.

La DPAE : obligatoire avant chaque embauche

Avant même que votre salarié commence à travailler, vous devez effectuer une Déclaration Préalable à l’Embauche (DPAE).
Cette déclaration permet :
  • d’annoncer officiellement l’embauche à l’URSSAF
  • d’affilier automatiquement votre structure si c’est votre première embauche
Sans DPAE, vous vous exposez à des sanctions importantes, notamment en cas de contrôle.

La DSN : la déclaration mensuelle incontournable

La Déclaration Sociale Nominative (DSN) est aujourd’hui la pierre angulaire de vos obligations sociales.
Chaque mois, vous devez y transmettre :
  • les salaires versés
  • les cotisations sociales
  • les informations liées aux contrats
  • les événements (arrêt maladie, fin de contrat…)
La DSN remplace la majorité des anciennes déclarations et permet de centraliser toutes les données sociales.
👉 Côté délais :
  • avant le 5 du mois pour les grandes entreprises
  • avant le 15 pour la majorité des employeurs
  • avant le 25 pour les structures du spectacle
La DSN doit être faite même pour les mois où vous ne déclarez aucun salaire.
C’est ce que l’on nomme : la DSN à Néant.
Une fois envoyée, la DSN doit être contrôlée via les comptes rendus métiers (CRM). En cas d’erreur, vous devez corriger rapidement pour éviter des pénalités… et surtout pour garantir les droits de vos intermittents.

Quelles cotisations URSSAF pour les intermittents du spectacle ?

Les cotisations sociales des intermittents présentent des spécificités importantes.

Des cotisations proches du régime général… avec des différences

Les cotisations classiques restent applicables :
  • maladie
  • vieillesse
  • allocations familiales
  • accidents du travail
Mais avec des particularités :
  • un abattement de 30 % pour les artistes
  • des taux spécifiques pour certaines contributions

L’assurance chômage : un taux plus élevé

Le régime des intermittents repose sur un système spécifique.
👉 En 2026 :
  • taux global : 11,4 %
  • dont 2,4 % pour le salarié
  • et 9 % pour l’employeur
Ce taux peut monter à 11,9 % pour les contrats très courts (CDDU < 3 mois).

Les contributions spécifiques au secteur du spectacle

C’est ici que les choses se complexifient.
En plus des cotisations URSSAF classiques, vous devez intégrer :
  • Congés spectacles : 15,5 % du salaire brut
  • Médecine du travail (Thalie Santé) : 0,35 %
  • Prévoyance et retraite complémentaire (Audiens) : selon votre convention collective
  • Formation professionnelle :
    • 2 % à l’URSSAF
    • 0,10 % + forfait à l’Afdas
  • Taxe d’apprentissage : 0,59 % (ou 0,44 % en Alsace-Moselle)
👉 Toutes ces cotisations transitent désormais en grande partie via la DSN.

Quelles obligations pour l’employeur ?

En pratique, employer un intermittent du spectacle implique une gestion rigoureuse.
Vous devez :
  • faire une DPAE avant chaque embauche
  • transmettre une DSN tous les mois
  • vérifier et corriger les anomalies
  • payer l’ensemble des cotisations sociales
  • remettre les documents au salarié (AEM ou équivalent DSN)
Une erreur ou un oubli peut avoir des conséquences directes :
  • pénalités URSSAF
  • perte de droits pour vos salariés
  • risques de redressement

Pourquoi la conformité URSSAF est essentielle ?

La DSN ne sert pas uniquement à déclarer des cotisations.
Elle permet aussi de :
  • déclencher les droits au chômage
  • garantir la couverture sociale
  • sécuriser les parcours professionnels des intermittents
👉 Une déclaration erronée ou tardive peut donc bloquer les droits de votre salarié.

En résumé

Employer un intermittent du spectacle implique des obligations précises auprès de l’URSSAF.
Vous devez :
  • déclarer chaque embauche via la DPAE
  • transmettre une DSN mensuelle
  • payer des cotisations spécifiques au secteur culturel
  • respecter des délais stricts
Le tout avec un enjeu majeur :
👉 sécuriser les droits de vos intermittents tout en évitant les pénalités.
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