Les avantages sociaux des intermittents du spectacle
En tant qu’employeur culturel, recruter un intermittent du spectacle suppose de bien comprendre les avantages sociaux spécifiques liés au statut d’intermittent. Pensé pour répondre à la réalité des contrats courts et discontinus, notamment les CDD d’usage, ce régime particulier vise à sécuriser les parcours professionnels des artistes et techniciens du spectacle.
Les avantages sociaux des intermittents du spectacle reposent sur une protection sociale adaptée : un régime d’assurance chômage spécifique, la prise en charge de la maladie et de la maternité, des congés payés mutualisés, des droits à la retraite, ainsi que des dispositifs dédiés de mutuelle et de prévoyance. Ce cadre permet aux intermittents de bénéficier d’une couverture complète malgré l’irrégularité de leurs missions.
Dans cet article, nous détaillons l’ensemble de ces avantages sociaux des intermittents, à jour de la réglementation 2026, et expliquons pourquoi la déclaration rigoureuse de chaque embauche (DPAE, contrat de travail, paie) est essentielle pour garantir l’ouverture et le maintien de ces droits. Nous verrons également comment ces obligations s’intègrent dans le quotidien des employeurs culturels, grâce à des solutions dédiées comme Chèque Intermittents, qui permettent de sécuriser la paie des intermittents du spectacle de manière simple, conforme et fiable.
L’assurance chômage spécifique des intermittents du spectacle
L’un des piliers du statut d’intermittent du spectacle est son régime d’assurance chômage spécifique, prévu par les annexes 8 et 10 de France Travail. Les intermittents bénéficient d’un système d’indemnisation conçu pour s’adapter à la discontinuité de leurs contrats.
Concrètement, ce régime permet à un artiste ou à un technicien de percevoir une allocation chômage entre deux contrats, dès lors qu’il remplit les conditions requises. Cette indemnisation joue un rôle clé : elle assure un revenu de remplacement pendant les périodes sans mission et limite l’instabilité financière inhérente aux métiers du spectacle.
L’accès à ce régime repose sur une condition principale : le volume d’activité réalisé sur une période donnée. Pour ouvrir des droits, un intermittent doit justifier de 507 heures de travail sur les 12 derniers mois. Pour les artistes rémunérés au cachet, chaque cachet est converti forfaitairement en 12 heures de travail selon France Travail. Une fois ce seuil atteint, l’intermittent est reconnu comme demandeur d’emploi relevant du régime intermittent et peut percevoir des allocations chômage, calculées en fonction des salaires perçus lors des périodes travaillées.
La couverture maladie et les arrêts de travail des intermittents
Comme tout salarié, un intermittent du spectacle est rattaché au régime général de la Sécurité sociale pour l’assurance maladie. Dès lors que son embauche est correctement déclarée, il dépend de la CPAM de son lieu de résidence et bénéficie des mêmes droits que l’ensemble des salariés.
L’intermittent peut se faire rembourser ses soins médicaux selon les taux en vigueur et les tarifs conventionnés, à condition de respecter le parcours de soins (déclaration d’un médecin traitant, consultation coordonnée, etc.). En cas de maladie ou d’accident, il peut également percevoir des indemnités journalières, sous réserve d’avoir atteint un minimum d’activité sur la période de référence. Ces seuils sont identiques à ceux des autres salariés, avec une particularité importante : pour les artistes rémunérés au cachet, chaque cachet est converti en 12 heures de travail, facilitant ainsi l’ouverture des droits.
Cette protection s’étend également aux accidents du travail et maladies professionnelles. Si un intermittent est victime d’un accident lors d’un tournage, d’une répétition ou d’une représentation, il bénéficie de la même prise en charge qu’un salarié en emploi continu : indemnisation spécifique, absence de délai de carence et remboursement des frais de santé à 100 % sur la base des tarifs de la Sécurité sociale. Comme pour l’ensemble des droits sociaux, cette couverture repose sur le respect des formalités d’embauche (notamment la DPAE) et sur des seuils d’activité généralement rapidement atteints par les intermittents actifs.
Bon à savoir
Imaginons un musicien intermittent qui se blesse au poignet et doit interrompre temporairement son activité. Grâce à son statut, il peut percevoir des indemnités journalières dès le 4ᵉ jour d’arrêt, comme tout salarié. Les cachets perçus les mois précédents sont convertis en heures afin d’évaluer ses droits. Même sans employeur unique pour maintenir son salaire, il bénéficie ainsi d’un revenu de remplacement lui permettant de se soigner sereinement.
Si la blessure survient en répétition ou sur scène, l’événement est reconnu comme un accident du travail, avec une prise en charge renforcée. Cette protection constitue un véritable filet de sécurité, aussi bien pour l’intermittent que pour l’employeur qui respecte ses obligations déclaratives.
Le congé maternité (et paternité) des intermittents du spectacle
Les intermittents du spectacle bénéficient des mêmes droits en matière de maternité et de paternité que les autres salariés, avec des règles adaptées à la spécificité de leur activité. Une intermittente enceinte peut ainsi prétendre à un congé maternité indemnisé d’au moins 16 semaines, pendant lequel elle perçoit des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale, calculées à partir de ses salaires antérieurs.
Pour ouvrir ces droits, elle doit justifier d’un minimum d’activité avant la grossesse. Par exemple environ 150 heures de travail sur les trois derniers mois ou 600 heures sur l’année, équivalences cachets comprises, selon les règles en vigueur. En pratique, les intermittentes exerçant régulièrement leur activité atteignent le plus souvent ces seuils. De la même manière, un père (intermittent) peut bénéficier d’un congé paternité indemnisé, dans des conditions identiques à celles des autres salariés (soit actuellement 28 jours pris en charge).
Une évolution importante de la réglementation concerne la prise en compte du congé maternité dans le calcul des droits à l’assurance chômage. Désormais, les périodes de congé maternité sont assimilées à du temps de travail pour le renouvellement des droits intermittents : chaque jour de congé maternité est comptabilisé comme 5 heures dans le calcul des 507 heures annuelles. Ce dispositif évite qu’une artiste ou une technicienne perde son statut d’intermittente en raison de sa maternité.
Pendant le congé maternité, les allocations chômage éventuellement perçues sont simplement suspendues, puis reprennent à l’issue du congé jusqu’à la date anniversaire des droits, sans pénalisation.
Par exemple
Prenons le cas d’une danseuse intermittente attendant un enfant. Après avoir enchaîné plusieurs spectacles et cumulé suffisamment d’heures, elle peut débuter son congé maternité en toute sérénité. Durant 16 semaines, elle percevra des indemnités journalières calculées à partir de ses cachets précédents, lui assurant un revenu proche de son salaire moyen.
Par ailleurs, chaque jour de congé maternité sera comptabilisé comme 5 heures d’activité auprès de France Travail. À la reprise, elle disposera ainsi de l’équivalent de 420 heures (pour 84 jours de congé) déjà prises en compte pour le renouvellement de ses droits chômage. Ce mécanisme spécifique sécurise son parcours professionnel et met en lumière l’importance, côté employeur, de déclarer rigoureusement chaque contrat avant le départ en congé. Il contribue également à maintenir l’attractivité du secteur pour les professionnelles du spectacle.
Les congés payés via la Caisse des Congés Spectacles
Les intermittents du spectacle bénéficient d’un dispositif spécifique pour leurs congés payés, appelé Congés Spectacles, géré par Audiens. Ce système a été conçu pour répondre à une réalité propre au secteur : les intermittents enchaînent des contrats courts auprès de nombreux employeurs, rendant impossible une gestion classique des congés payés contrat par contrat.
Depuis 1939, la Caisse des Congés Spectacles apporte une réponse simple et efficace : elle mutualise les droits à congés payés de chaque intermittent sur l’ensemble de l’année, tous employeurs confondus. Concrètement, à chaque contrat, l’employeur déclare l’intermittent auprès de la Caisse et verse une cotisation spécifique, équivalente à 15,5 % du salaire brut (taux en vigueur en 2026). Ces cotisations alimentent un compte individuel ouvert au nom du salarié, qui servira à financer ses congés payés.
Grâce à ce mécanisme, l’intermittent cumule progressivement des indemnités de congés payés, qu’il pourra percevoir en une seule fois, même s’il a travaillé pour de nombreuses structures différentes au cours de l’année. Sans ce système, chaque employeur devrait calculer et verser des congés payés sur des contrats de quelques jours, ce qui représenterait un véritable casse-tête administratif. À l’inverse, Audiens centralise les déclarations et garantit que les droits sont correctement ouverts, quelle que soit la multiplicité des contrats.
L’intermittent peut demander le versement de son indemnité de congés payés une fois par an, généralement à partir du 1er mai, pour la période acquise du 1er avril de l’année précédente au 31 mars. Cette indemnité correspond à 10 % de la rémunération brute annuelle perçue. Les 5,5 % restants de la cotisation servent à financer les charges sociales liées à cette indemnité.
Par exemple, pour 2 000 € de salaires bruts cumulés, l’employeur verse 310 € à la Caisse des Congés Spectacles, et le salarié percevra 200 € bruts de congés payés, le solde couvrant les cotisations sociales.
Il est important de souligner que l’indemnité de Congés Spectacles ne constitue pas uniquement un avantage financier. Elle ouvre également des droits sociaux. L’attestation de paiement fait office de bulletin de salaire, et l’indemnité versée est soumise à cotisations sociales. À ce titre, elle est prise en compte pour l’assurance maladie, la retraite de base et la retraite complémentaire. En pratique, un intermittent ne perd ni trimestres de retraite ni couverture sociale lorsqu’il prend ses congés via Audiens : le dispositif assure une continuité des droits, même pendant les périodes de repos.
Bon à savoir
Prenons l’exemple d’un comédien ayant enchaîné plusieurs contrats de deux ou trois jours dans différentes compagnies au cours de l’année. Chacun de ses employeurs a déclaré ses cachets à la Caisse des Congés Spectacles et versé la cotisation correspondante. En fin de saison, il peut demander le versement de son indemnité de congés payés et percevoir, en une seule fois, l’équivalent de 10 % de l’ensemble de ses cachets annuels. Cela lui permet de prendre quelques semaines de repos tout en continuant à être rémunéré.
Surtout, ces congés n’entraînent aucune perte de droits : les sommes versées ont été cotisées et renforcent sa protection sociale. Du côté de l’employeur, le dispositif simplifie considérablement la gestion des congés payés. Une fois le contrat terminé, il suffit de transmettre l’attestation Congés Spectacles et de régler la cotisation à Audiens. L’employeur n’a plus de suivi à assurer, et l’intermittent est certain de ne pas passer à côté de ses droits, même en multipliant les collaborations.
Un fonctionnement gagnant-gagnant, fondé sur la solidarité du secteur culturel.
La retraite des intermittents : base et complémentaire Audiens
Même s’ils travaillent pour de nombreux employeurs au fil de leur carrière, les intermittents du spectacle cotisent pour leur retraite comme tous les autres salariés. Chaque contrat de travail donne lieu au versement de cotisations vieillesse, permettant d’acquérir à la fois des trimestres de retraite de base et des points de retraite complémentaire.
Les intermittents sont affiliés au régime général de l’Assurance retraite (Cnav) pour la retraite de base, et au régime Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire. La spécificité du secteur tient à la gestion de cette retraite complémentaire : elle est assurée par Audiens, le groupe de protection sociale dédié au spectacle. En pratique, les cotisations Agirc-Arrco des intermittents transitent par Audiens, qui centralise l’ensemble des droits acquis, qu’il s’agisse d’artistes ou de techniciens, cadres ou non-cadres.
Pour l’intermittent, chaque heure travaillée et chaque salaire déclaré comptent. À l’âge de la retraite, il percevra :
-
une pension de retraite de base, calculée selon les règles communes à tous les salariés (en fonction des 25 meilleures années et du nombre de trimestres validés) ;
-
une pension de retraite complémentaire, issue de l’accumulation des points Agirc-Arrco obtenus tout au long de sa carrière.
Le fait d’avoir multiplié les employeurs n’a aucun impact négatif, à condition que toutes les périodes aient été correctement déclarées et cotisées. Les trimestres de retraite de base sont validés en fonction du montant total des salaires perçus sur l’année : dès qu’un seuil annuel est atteint, un trimestre est validé. Ainsi, un intermittent peut valider jusqu’à quatre trimestres par an, même avec des cachets fragmentés, s’il atteint le revenu minimum requis. Côté retraite complémentaire, chaque contrat permet d’acquérir des points proportionnels aux cotisations versées, exactement comme pour un salarié en emploi continu.
Audiens joue un rôle central dans ce dispositif : c’est auprès de cet organisme que l’intermittent peut suivre l’évolution de ses points de retraite complémentaire, et c’est Audiens qui versera la pension Agirc-Arrco le moment venu. Les règles d’âge de départ et de durée d’assurance sont identiques à celles du régime général. En 2026, l’âge légal de départ à la retraite recule progressivement vers 64 ans, une évolution qui concerne également les intermittents, sans régime dérogatoire spécifique.
Bon à savoir
Prenons l’exemple d’un régisseur son ayant travaillé pendant 30 ans en tant qu’intermittent. Sa carrière est rythmée par des périodes de forte activité, entrecoupées de phases plus calmes. Chaque cachet perçu a donné lieu à des cotisations, et donc à des droits à la retraite. À l’issue de sa carrière, il percevra une pension de base calculée par la Cnav, complétée par une pension Agirc-Arrco versée par Audiens. Même ses indemnités de congés spectacles ou de chômage, soumises à cotisations, auront contribué à renforcer ses droits.
Pour lui, l’enjeu est de pouvoir s’appuyer sur un historique fiable de ses déclarations. Pour l’employeur, le respect des obligations déclaratives via l’Urssaf et Audiens garantit que ces professionnels du spectacle puissent bénéficier, à terme, d’une retraite à la hauteur de leur parcours.
La mutuelle santé obligatoire et le Fonds collectif du spectacle
Depuis 2016, la loi impose à tous les employeurs de proposer une complémentaire santé d’entreprise à leurs salariés. Dans le secteur du spectacle, où les contrats sont courts, multiples et souvent discontinus, cette obligation ne pouvait pas être appliquée de manière classique. C’est pourquoi un accord collectif interbranches, conclu dès 2009, a organisé une couverture santé complémentaire spécifiquement adaptée aux artistes et techniciens intermittents.
Plutôt que d’obliger chaque intermittent à adhérer successivement aux mutuelles de ses différents employeurs — une situation ingérable en pratique, le secteur a mis en place une solution mutualisée : la Garantie Santé Intermittents, gérée par Audiens. Il s’agit d’une complémentaire santé dédiée aux intermittents du spectacle, proposant plusieurs niveaux de garanties à des tarifs négociés. Ce dispositif repose sur un principe clé de solidarité : un fonds collectif santé, alimenté par l’ensemble des employeurs du secteur, contribue au financement de la mutuelle des intermittents.
Concrètement, chaque employeur d’intermittents verse une cotisation spécifique sur les salaires, identifiée dans la paie sous l’intitulé « Thalie Santé ». En 2026, cette contribution représente environ 0,35 % du salaire brut. Ces sommes alimentent le Fonds collectif du spectacle pour la santé, qui permet de réduire significativement le coût de la mutuelle pour les salariés intermittents.
Pour bénéficier de cette aide, l’intermittent doit justifier d’un minimum d’activité sur l’année, fixé à 507 heures sur les 12 derniers mois, un seuil identique à celui requis pour l’ouverture des droits à l’assurance chômage. Lorsque cette condition est remplie, le Fonds collectif prend en charge une part importante de la cotisation mensuelle à la mutuelle Audiens. Dans les faits, le reste à charge pour l’intermittent est fortement réduit : selon le contrat choisi, il peut descendre à une dizaine d’euros par mois, contre une trentaine d’euros sans aide.
Il est important de noter que l’adhésion à la mutuelle Audiens n’est pas automatique. Chaque intermittent reste libre de souscrire à la Garantie Santé Intermittents ou d’opter pour une autre complémentaire santé individuelle. En revanche, l’employeur demeure soumis à son obligation légale : proposer une mutuelle d’entreprise à tout salarié. Dans la pratique, pour les CDD d’usage très courts, les intermittents font le plus souvent valoir une dispense d’adhésion, dès lors qu’ils disposent déjà d’une couverture santé (mutuelle Audiens ou autre). L’employeur continue néanmoins à verser la cotisation conventionnelle au Fonds collectif, garantissant ainsi la continuité de la protection santé du salarié, sans complexifier la gestion RH.
Par exemple
Prenons l’exemple d’un musicien intermittent ayant adhéré à la Garantie Santé Intermittents Audiens. Cette mutuelle lui offre une couverture renforcée sur des postes clés comme l’optique, le dentaire ou l’hospitalisation, bien au-delà des remboursements de la Sécurité sociale. Ses enfants de moins de 16 ans sont couverts gratuitement et il bénéficie de services pratiques, comme la téléconsultation médicale 24h/24.
À la fin de l’année, il totalise plus de 507 heures de travail, ce qui lui ouvre droit à l’aide du Fonds collectif. L’année suivante, une large part de sa cotisation est financée par ce fonds, réduisant fortement son reste à charge. Il conserve ainsi une couverture santé de qualité, y compris pendant les périodes sans contrat.
Du côté de l’employeur culturel, le dispositif est tout aussi vertueux : il suffit de respecter l’accord collectif en cotisant au fonds via les déclarations sociales, sans avoir à gérer une mutuelle différente pour chaque intermittent. Résultat : une protection santé continue pour les salariés, et une gestion simplifiée pour les employeurs.
La prévoyance Audiens : invalidité, incapacité et décès
Dernier pilier des avantages sociaux des intermittents du spectacle : la prévoyance, c’est-à-dire la protection en cas d’arrêt de travail prolongé, d’invalidité ou de décès. Là encore, le secteur du spectacle a mis en place un dispositif collectif spécifique, pensé pour répondre à la discontinuité des parcours professionnels.
Depuis la fin de l’année 2006, les artistes et techniciens intermittents bénéficient, sous conditions, d’une couverture prévoyance continue, y compris pendant leurs périodes sans contrat. Ce régime, négocié par les partenaires sociaux de la branche, est entièrement financé par les employeurs via des cotisations dédiées. Sa gestion est confiée à Audiens, qui agit comme assureur mutualisé pour l’ensemble du secteur culturel.
Concrètement, la prévoyance des intermittents couvre les risques majeurs de la vie professionnelle et personnelle :
-
l’incapacité temporaire de travail (arrêts maladie de longue durée),
-
l’invalidité permanente,
-
le décès.
Les garanties prévues viennent compléter celles de la Sécurité sociale, souvent insuffisantes à elles seules. Elles incluent notamment :
-
le versement d’indemnités journalières complémentaires en cas d’arrêt maladie prolongé, lorsque la Sécurité sociale ne suffit plus à maintenir un niveau de revenu acceptable ;
-
le versement d’un capital ou d’une rente d’invalidité en cas d’incapacité permanente ;
-
le versement d’un capital décès aux ayants droit, ainsi que, le cas échéant, d’une rente éducation pour les enfants à charge, afin de les accompagner financièrement sur le long terme.
L’un des points forts de ce régime est sa continuité de couverture. Tant que l’intermittent reste affilié au dispositif et remplit les conditions prévues, il demeure protégé, y compris pendant les périodes sans contrat. Ce principe de mutualisation constitue une avancée majeure pour des professionnels dont l’activité est, par nature, irrégulière.
Par exemple
Imaginons un cascadeur intermittent victime d’une chute grave en dehors d’un tournage, entraînant plusieurs mois d’arrêt de travail. Après 60 jours d’arrêt, il continue de percevoir les indemnités journalières de la Sécurité sociale, auxquelles s’ajoute la prévention Audiens, qui complète ses revenus à hauteur d’un pourcentage de son salaire habituel. Il peut ainsi se concentrer sur sa rééducation sans pression financière.
Si ses blessures entraînent une invalidité durable réduisant sa capacité à exercer son métier, la garantie prévoyance prévoit le versement d’un capital ou d’une rente d’invalidité, venant compléter la pension versée par la Sécurité sociale.
Pour l’employeur, ces garanties offrent une vraie sécurité : en cotisant à Audiens via la paie, vous assurez à vos intermittents une protection solide face aux aléas graves de la vie. C’est un marqueur fort de responsabilité sociale, qui renforce la relation de confiance et la sérénité dans la collaboration.
Garantir les droits sociaux : l’importance de bien déclarer et payer vos intermittents
Après avoir passé en revue ces avantages sociaux clés, un constat s’impose :
ces droits n’existent réellement que si l’employeur déclare correctement l’intermittent.
Dans le spectacle vivant, la protection sociale repose entièrement sur la qualité des démarches administratives effectuées par l’employeur. Dès qu’un intermittent est recruté, plusieurs obligations doivent être respectées pour activer et sécuriser, ses droits.
Les démarches indispensables à chaque embauche d’intermittent
La DPAE (Déclaration Préalable à l’Embauche)
Obligatoire avant toute prise de poste, la DPAE informe l’Urssaf de l’embauche du salarié. Elle permet l’ouverture immédiate des droits sociaux (Sécurité sociale, assurance chômage…) et protège l’employeur en cas d’accident du travail.
Sans DPAE, l’intermittent n’est pas officiellement enregistré : sa couverture sociale est compromise, et l’employeur s’expose à des sanctions lourdes pour travail dissimulé.
Le contrat de travail (CDD d’usage)
Chaque mission doit faire l’objet d’un contrat écrit, conforme à la convention collective applicable. Il précise notamment le poste occupé (artiste ou technicien), la durée, la rémunération (cachet ou horaire) et la nature du contrat (CDD d’usage).
Ce document est essentiel pour l’intermittent : il prouve la légalité de l’emploi et sert de référence pour l’ouverture des droits chômage, retraite et congés payés. Selon le contexte (subventions, associations, spectacles aidés), des justificatifs contractuels peuvent également être exigés par certaines administrations.
La paie et les déclarations sociales
À chaque fin de contrat, l’employeur doit établir un bulletin de paie conforme, puis déclarer et régler l’ensemble des cotisations sociales auprès des organismes concernés :
-
Urssaf (maladie, chômage, retraite de base, allocations familiales…)
-
Audiens (retraite complémentaire, prévoyance, congés spectacles, fonds santé)
-
Afdas (formation professionnelle)
-
Caisse des Congés Spectacles
Ces déclarations sont indispensables pour garantir les droits du salarié. Par exemple, une AEM manquante ou des heures non déclarées peuvent empêcher l’intermittent d’atteindre le seuil des 507 heures, et donc de renouveler son indemnisation chômage. Une déclaration oubliée auprès d’Audiens peut, quant à elle, bloquer le versement des congés payés ou la prise en compte des points retraite.
Des régularisations sont possibles, mais elles sont souvent longues et inconfortables pour toutes les parties. D’où l’importance de bien déclarer dès le départ.
Le respect des règles de paie spécifiques au spectacle
La paie des intermittents obéit à des règles particulières : minima conventionnels, cachets, majorations éventuelles, indemnités spécifiques, congés payés, etc. Une rémunération conforme garantit des cotisations justes et donc des droits sociaux complets. Un salaire mal calculé, même involontairement, peut avoir un impact direct sur la protection du salarié.
Sécuriser ses obligations : un enjeu partagé
Assurer une gestion administrative rigoureuse est dans l’intérêt de tous. C’est précisément à ce stade qu’un accompagnement spécialisé prend tout son sens.
De nombreux employeurs du spectacle vivant choisissent aujourd’hui de s’appuyer sur des solutions dédiées comme Chèque Intermittents pour sécuriser l’ensemble de ces démarches.
Concrètement, Chèque Intermittents prend en charge :
-
la génération des contrats conformes,
-
l’établissement des bulletins de paie,
-
l’envoi des DPAE,
-
les attestations obligatoires (AEM, Congés Spectacles),
-
les déclarations et paiements auprès de toutes les caisses sociales.
Chaque cachet est déclaré, chaque heure est comptabilisée, chaque cotisation est calculée selon les taux en vigueur (y compris les mises à jour 2026). Résultat : moins d’erreurs, moins de stress, et une sécurité maximale pour l’employeur comme pour l’intermittent.
Bon à savoir
Du côté du salarié, une déclaration rigoureuse change tout. Un musicien raconte qu’un cachet non déclaré à la Caisse des Congés Spectacles lui a fait perdre temporairement ses indemnités corrigées seulement après plusieurs démarches. D’autres découvrent trop tard que des heures manquent dans leur dossier chômage.
Avec une solution comme Chèque Intermittents, ces situations sont évitées : les documents sont générés automatiquement, les déclarations envoyées dans les délais, et l’intermittent peut se concentrer pleinement sur son métier, sans craindre de perdre un droit pour une question de paperasse.
Conclusion
Les intermittents du spectacle mettent leur talent et leur flexibilité au service de projets culturels exigeants. En retour, le droit français leur offre une protection sociale complète, adaptée à la réalité de leurs parcours professionnels.
Pour l’employeur culturel, bien connaître ces avantages, chômage, santé, congés payés, retraite, prévoyance, est indispensable. Mais surtout, les déclarer correctement est la clé pour qu’ils puissent réellement en bénéficier.
Respecter ces obligations n’est pas une contrainte superflue : c’est une marque de sérieux, de professionnalisme et de respect envers vos équipes. En vous faisant accompagner par des solutions comme le Chèque-Intermittents, vous transformez une gestion complexe en formalité fluide et sécurisée.
Le résultat ?
Des intermittents protégés, des employeurs sereins, et une relation de travail fondée sur la confiance. Vous pouvez alors vous consacrer pleinement à l’essentiel : faire vivre la culture et le spectacle, en toute conformité et avec tranquillité d’esprit.